
Fédération Régionale des Associations
Contre le Train en zone Urbaine
et pour
le Respect de l’Environnement
CONTOURNEMENT FRET
FERROVIAIRE
DE
L’AGGLOMERATION LYONNAISE
Synthèse de notre alternative
Juillet 2005
I. Principes de notre alternative
FRACTURE est parti du constat
que :
-
Le coût du projet estimé par
RFF est très élevé
-
Son implantation au cœur du
secteur à plus forte expansion démographique de l’agglomération aurait
un impact beaucoup trop important pour être envisageable.
-
Cette implantation et la mixité
envisagée ne garantissent pas l’efficacité du projet à long terme.
La recherche d’alternative
a donc été guidée par un investissement comparable à celui envisagé
mais apportant une réelle garantie d’efficacité
et un impact limité sur les populations et l’environnement.
Les enjeux
Satisfaire les enjeux des principaux acteurs du projet :
-
Développement durable : Favoriser le report du trafic routier
sur les modes de transport alternatifs aussi bien pour le trafic Nord-Sud
que pour le trafic Ouest-Est.
-
Sécurité : Sortir le transport de matières dangereuses du centre
de Lyon et des zones urbanisées
-
Qualité de service : séparer le fret du trafic voyageurs pour
une efficacité garantie sur le long terme et gagner ainsi des parts
de marché sur la route
-
Développement du trafic voyageurs de Saint-Exupéry : étendre
la zone de chalandise de l’aéroport et faire de Saint-Exupéry la 3ème gare
lyonnaise en l’ouvrant notamment sur les lignes de l’Est et du
Nord-Est en plus de ses connexions actuelles.
-
Liaisons inter cités : Favoriser les transports inter cités notamment
en libérant des sillons pour le développement de l’offre TER.
Satisfaire les enjeux de notre Fédération :
Respect
des milieux humains : Contraindre
la localisation par une recherche du moindre impact sur la population
et sur l’environnement.
L’alternative
proposée est basée sur la séparation des flux voyageurs et des flux
fret, largement défendue par RFF et les experts de la question pour
garantir un bon niveau de qualité de service fret et voyageurs et gagner
ainsi des parts de marché sur la route.
II. Description du projet FRACTURE
Volet voyageurs
Il s’agit pour le trafic
voyageur de réaliser les raccordements nécessaires à la ligne Ambérieu/Lyon.
A
partir de là, la connexion est possible avec Ambérieu puis la ligne
de la Bresse, le futur tronçon Sud de la LGV Rhin-Rhône et la ligne
de l’Albarine vers Genève.
Les
gares de Perrache et Part-Dieu se spécialisent alors sur les liaisons
TER, sur les lignes PLM et les lignes de l’Ouest.
Proposition
d’aménagements pour la partie voyageurs
Le projet FRACTURE répond aux enjeux de
desserte de Saint-Exupéry
Principales caractéristiques
16 km de voies nouvelles - Coût estimé : 180 M€ - Secteur peu
urbanisé - Topographie favorable.
Volet fret
L’idée est de répondre à
la fois aux exigences de Trafic Nord-Sud décrit au cahier des charges
du CFAL et à celles de relier Ambérieu au Sillon Alpin tout en minimisant
l’impact sur les populations.
-
un tracé Nord-Sud le plus direct possible (90% du trafic Nord-Sud
est en transit sans échange avec l’agglomération de Lyon)
-
une connexion Nord-Sud / Est-Ouest la plus à l’Est possible compte tenu
du trafic Nord-Italie
-
une connexion Nord-Sud / Est-Ouest la plus au Sud possible compte tenu
du trafic Sud-Italie
Le
projet FRACTURE répond à la fois aux enjeux Nord Sud
(CFAL
Nord et Sud, mais également à ceux de la partie Nord du Lyon-Turin
fret)
Véritable axe de contournement
qui satisfait à la fois les enjeux de contournement de Lyon mais aussi
ceux de la liaison Lyon-Turin fret,
cette alternative doit donc être comparée à la somme des 2 projets :
CFAL et la partie Nord du
projet Lyon - Sillon Alpin c’est-à-dire Ambérieu - Saint-Béron ou Lyon
Saint-Exupéry - Saint-Béron.
Principales caractéristiques
- l’Alternative FRACTURE
est basée sur la réutilisation d’emprises existantes pour 20 kms et
le jumelage avec des infrastructures existantes (LGV) ou en projet (A
48) pour 50 kms
-
Longueur totale : 108 kms en zone faiblement peuplée
-
Topographie favorable (respect des contraintes de pentes édictées par
RFF : < 1,25%)
-
longueur des tunnels :27 kms dont 6 kms sont déjà retenus dans le projet
du Lyon-turin, à savoir le barreau de Bourgoin
-
Coût estimé : 2500 M€
III. Comparaison des projets RFF et FRACTURE
Fonctionnalités
Tableau issu de l’analyse faite par
DRE/RFF de notre alternative :
(*) l’avantage est limité à la phase
intermédiaire après la réalisation du projet et avant la mise en service
du Lyon – Turin selon l’itinéraire Bas Dauphiné
Des fonctionnalités supérieures si on tient compte
des priorités définies au cahier des charges.
Longueur de projet
|
|
Projet RFF
|
Projet FRACTURE
|
|
Longueur de parcours
|
Entre 116 et 129 km selon les options
|
108 km
|
|
Longueur de voies nouvelles
|
Entre 92 et 104 km selon les options :
Min = 51 km (variante B, Ambérieu – Grenay) +
16 km (Grenay -Saint-Fons) + 25 km de Lyon-Turin fret entre Grenay
et Sérézin de la Tour
Max = 58 km (variante A, Ambérieu – Grenay)
+ 21 km (Grenay – Chasse par le secteur de l’Ozon) + 25 km de
Lyon-Turin fret entre Grenay et Sérézin de la Tour
|
108 km
|
|
Longueur de voies à rénover : mise au gabarit
B1, protections phoniques, changement de la signalisation
|
Entre 37 km (raccordement vers Chasse sur
Rhône) et 56 km (raccordement à Saint-Fons)
|
0
|
|
Longueur de tunnels
|
13 km
|
27 km
|
|
Longueur de coupures nouvelles
|
Entre 0 et 43 km (variante D pour la partie Nord
et raccordement à la vallée du Rhône via le pays de l’Ozon)
|
38 km (*)de Saint-Savin (au Nord de Bourgoin
à Savas Mépin à l’Ouest de Saint-Jean de Bournay) dont 12, 5 km
en tunnel, soit 25,5 km
|
(*)38 km = 108 km – 70 km de jumelage : 6 km
de jumelage avec la ligne Ambérieu-Lyon puis la ligne de la centrale
électrique du Bugey, 32 km de jumelage avec la future A48, 18 km de
jumelage avec la LGV Méditerranée et 14 km de jumelage avec la ligne
de la Bièvre.
Outre un allongement de parcours significatif pour
l’exploitation du trafic fret (entre 7 et 20% selon les cas), le projet
RFF génèrerait un linéaire de voies nouvelles proche de celui du projet
FRACTURE (écart de 4 à 17 %) alors qu’il serait aussi nécessaire d’aménager
les lignes existantes sur une portion importante.
Enfin, dans l’hypothèse des fuseaux B, C ou D pour
la partie Nord et d’un tracé se raccordant à la vallée du Rhône via
le pays de l’Ozon, le linéaire de coupures nouvelles serait supérieur
à celui du projet que nous proposons.
Un trajet plus court, pour un linéaire
de voies nouvelles comparable
Profil en long et tunnels
Profil en long de la partie Nord du projet : un profil
de plaine entre Egnieu et Saint-Savin
Au Nord, 2 tunnels respectivement de 3 km et 3,5 km
pour le franchissement du massif de l’Isle Crémieu en respectant une
pente de 1%.
Au centre le tunnel du barreau de Bourgoin proposé
et décrit par RFF dans les études pour le Lyon-Turin fret (option Bas
Dauphiné).
Au Sud, 2 tunnels respectivement 6,5 et 8 km comme
en atteste le profil suivant.
Profil en long de la partie Sud du projet : un tunnel
de 6,5 km et un tunnel de 8 km
Le projet de FRACTURE comprend donc 27 km de tunnels.
En ce qui concerne le projet de RFF, aucune hypothèse
n’est formulée dans l’analyse et il est donc impossible de savoir à
quoi correspondent les 10 km de tunnels.
L’étude des différentes options au Nord ou au Sud (jumelage
avec l’A46 Sud) montre une fourchette assez large. Dans notre propre
version de l’étude comparative, nous retenons un linéaire de 13 km.
Coût
Comparaison basée sur des projets complets donc comparables :
- 108 km de lignes nouvelles dont 27 km de tunnels
pour le projet FRACTURE
- 79 km de voies nouvelles
pour le projet RFF option A pour la partie Nord + jonction à la vallée
du Rhône via le Pays de l’Ozon pour la partie Sud), dont 13 km de tunnels
+ 36 km d’aménagement des lignes existantes entre Chasse sur Rhône et
Saint-Rambert d’Albon + 25 km de part du LTF entre Grenay et Sérézin
de la Tour
L’écart de coût global est de 2% :
|
Projet FRACTURE (en Millions d’€)
|
|
108 km de voie nouvelle dont 27 km de tunnels
|
2 500
|
|
Raccordement voyageurs de Saint-Exupéry
|
180
|
|
Total
|
2
680
|
|
Projet RFF (en Millions d’€)
|
|
79 km de voie nouvelle dont 13 km de tunnels
|
1 600
|
|
Ajout de nouvelles voies entre Vénissieux et
Grenay + doublement du raccordement de Saint-Fons
|
420
|
|
25 km de voie nouvelle entre Grenay et Sérézin
de la Tour dont 6 km de tunnels
|
580
|
|
Aménagement des lignes entre secteur de Chasse
sur Rhône et Saint-Rambert d’Albon
|
30
|
|
Total
|
2
630
|
Même, dans l’hypothèse d’un raccordement à Saint-Fons
sans réalisation de partie Sud, les coûts globaux sont de 2 000
M€ soit un écart de 34 %.
Même dans ce cas-là, nous pensons que l’écart est pleinement
justifié par des performances supérieures, une spécialisation des trafics
et un impact sur la population sensiblement plus faible (cf. chapitre
suivant).
Un écart de coût de 2% avec le projet
proposé par RFF
Bruit et impact sur la population
A défaut d’avoir obtenu de RFF et la DRE une méthode
qui permette de comparer les 2 projets en termes d’impact sur la population,
nous avons calculé la surface de chaque commune impactée par une bande
de 1 km, (respectivement 2, 4 ou 8 km).
Nous avons alors calculé le nombre de personnes concernées
à partir des données INSEE de la commune au prorata de la surface impactée.
Tableaux comparatifs pour l’intégralité des projets,
de Ambérieu à Saint-Rambert d’Albon.

On constate que le projet FRACTURE génère environ 5 fois moins
de nuisances que le projet de RFF.
Communes impactées par une bande de 4 km
Une densité beaucoup plus fable le long du tracé proposé
par FRACTURE
IV. Conclusion
Avantages de notre alternative
Sur le plan des transports :
Le projet proposé par RFF n’apporte
pas la preuve de son efficacité
-
par l’allongement du parcours qu’il génère,
-
les contraintes d’exploitation qu’il présente (rayons de courbure
très faibles dans les secteurs de Saint-Fons et Givors)
-
la nécessité de reconnecter les sites logistiques de l’Est lyonnais.
La fonction principale de transit
Nord-Sud n’est donc pas assurée.
Le développement des TER n’est
pas garanti non plus dans la mesure où le projet RFF repose sur un linéaire
important de lignes mixtes.
En revanche, le projet de FRACTURE
est plus court sur tous les trafics envisagés et offre les garanties
de capacité par la spécialisation des flux qu’elle propose.
Sur le plan de l’aménagement du territoire :
La proposition de FRACTURE
garantit tout autant que le projet RFF le maintien voire le développement
du rôle économique de Lyon dans l’Europe élargie.
FRACTURE situe le contournement
ferroviaire de… l’agglomération… à proximité des principaux sites
logistiques actuels et en projet de la plaine de l’Ain, de l’Est lyonnais
et du Nord Isère tout en l’écartant des zones d’expansion démographique.
Notre proposition est conforme
aux orientations portées par l’Etat dans le projet de DTA de l’aire
métropolitaine lyonnaise puisque :
-
Elle se base sur un jumelage avec l’A48 (Ambérieu-Bourgoin),
-
Elle vise le développement de zones résidentielles dans le secteur
en perte d’attractivité de Givors,
-
Elle garantie la préservation des espaces naturels et agricoles
majeurs et des couronnes vertes d’agglomération.
Sur le plan des coûts :
L’écart réel entre les deux
projets n’est que de 2% dès lors qu’on prend en compte la dépense globale
et pas seulement celle liée à la seule projet partie Nord du CFAL.
Avec un impact sur la population 5 fois supérieur et
une capacité non démontrée à prendre des parts de marché à la route
(notamment par la mixité des voies envisagée) le projet RFF présente
globalement un intérêt socio-économique faible qui ne lui permettrait
pas d’obtenir une déclaration d’utilité publique.
Nous sommes certains que ces éléments permettront
la prise en compte sérieuse et objective de notre proposition pour un
projet qui contribue efficacement au développement du fret ferroviaire.
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